Psychomotricité  //

Pour que le bébé puisse interagir avec son milieu au-delà des fonctions vitales, il est nécessaire qu’un niveau d’éveil assure une ouverture vers le milieu.

Cette régulation se passe  particulièrement au niveau de la tonicité et du mouvement, matériaux premiers à la disposition du fœtus puis du nouveau-né qui lui permettent de mettre en forme son corps et de réagir aux différentes sollicitations  sensorielles tant externes qu’internes, d’exprimer ses états corporels et psychiques du moment en appui sur sa maman ou son papa.

 

C’est l’équilibre sensori-tonique qui remplit cette fonction. Il assure un état  tonique et psychique permettant des réponses adaptées aux signaux sensoriels venant du monde en général.

 

Certains bébés  dont cet équilibre est fragile  ont l’air de ne pas s’engager entièrement dans la relation et peuvent dérouter très tôt  les parents, mêmes ceux qui ont déjà l’expérience d’un ou d’une ainée.

 

Pour entrer pleinement en interaction, un équipement neurologique   intègre  est nécessaire avec des systèmes sensoriels capables de détecter la sensation de la pesanteur  sur le corps, le mouvement,  les contrastes, les formes, les couleurs, les sons, les vibrations, les odeurs,  la douleur, la température, le contact pour servir de support  à cette interaction de l’organisme avec son milieu physique et humain.

Mais cette dimension neuro développementale, biologique n’est pas suffisante pour  rendre seule compte de ce qui se joue dans le processus qu’est le développement.

C’est la mise en sens dans la relation à l’autre qui permet d’organiser et d’orienter la vie relationnelle et sensorielle du bébé.

 

  • Rôle du psychomotricien dans l’évaluation des bébés à risque :

 

Le psychomotricien connaissant bien le processus du développement  et/ou  doté d’une expérience en  approche sensori-motrice venant tout particulièrement des travaux d’André Bullinger pourra apporter quelques éclairages complémentaires  et proposer  s’il le faut un suivi aux bébés à risque (autistique ou autre).

 

Une évaluation  sous forme du Bilan sensori-moteur André Bullinger pourra être proposée afin de faire des états de lieux lors d’une rencontre suffisamment longue (3havec la présence indispensable des parents).

Ce moment permet à tous de confronter les représentations souvent contradictoires des uns et des autres concernant les manifestations qui inquiètent chez le bébé et qui l’empêchent d’entrer en relation et d’explorer  tranquillement avec son corps.

 

Le bilan sensori-moteur facilite un changement de point de vue : il permet de considérer certaines conduites inquiétantes  du bébé comme ayant d’abord une fonction positive et adaptative, comme fournir à l’enfant des matériaux sensoriels sur lesquels appuyer et déployer son activité. Le bébé utilise son intelligence sensori-motrice pour faire face à des situations d’ennui ou de surstimulation voire de douleur ou d’inconfort sensoriel.

 

A nous de déchiffrer et de donner un sens à la trouvaille du bébé (se raidir, éviter de regarder, se balancer, régurgiter, secouer la main devant les yeux etc.)

A partir de cette analyse et si l’observation confirme les inquiétudes des parents, un suivi agissant sur les dimensions sensori-toniques et tonico-émotionnelles de régulation sera proposé. Il offrira à l’enfant des possibilités qui lui permettent de modifier l’organisation de ses actions, expérimenter de nouvelles mises en formes du corps qui favorisent l’interaction et le regard, créer des appuis et les installations qui varient les échanges et évitent le retrait précoce du bébé.

L’abord par la sensori-motricité sera privilégié afin de consolider les soubassements du développement et l’ouverture vers l’autre et les objets du milieu.

 

Des désorganisations ou des désordres passagers  peuvent  être abordés comme :

  • les irritabilités tactiles (le bébé se tortille lors du contact corporel, n’aime pas être touché ni dénudé),

  • vestibulaires (le bébé pleure à chaque changement de position, présente des nausées, refuse de manger),

  • auditives ( le bébé a du mal à faire des habituations aux bruits de la maison et reste en alerte sans pouvoir se détendre, tout le réveille ou au contraire il s’isole du bruit en se mettant en retrait) et tant d’autres d’exemples.

 

L’objectif est  de faire  la part des choses entre une dimension biologique (vérifier l’intégrité de son équipement sensoriel et moteur c’est à dire est-ce que  le bébé voit, entend, sent, est ce qu’il a les moyens toniques pour explorer)  et une dimension  relationnelle plus en lien avec la compréhension et l’accordage de la part son milieu humain.

 

D. Chadzynski

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mentions légales

Contact

  • Facebook
  • Instagram