Crédit photo Clarisse de Laurisson

Crédit photo Mini Minois

Camille, maman de Augustin et Antoine

Augustin a aujourd'hui 5 ans. A l'âge de 16 mois, la crèche m'a alerté sur son comportement qui était bien différent des autres. Il faisait tourner des assiettes toute la journée, et ne participait pas aux activités proposées par la crèche.

Je remarquais aussi de mon côté qu'Augustin depuis sa naissance, pleurait beaucoup, il semblait souffrir, il avait des reflux et était toujours très raide et en hyperextension. Il souriait très peu et ne rentrait pas en relation avec moi. Je pensais que c'était sa nature, que cela irait mieux demain et qu'il me faisait payer ma deuxième grossesse (ma grossesse a débuté lorsqu'il avait 5 mois).

Lorsque la crèche m'a contacté, j'étais presque rassurée que quelqu'un d'extérieur voit ENFIN que quelque chose n'allait pas chez mon fils. Les pédiatres me disaient qu'il pleurait comme un bébé et qu'il était en pleine forme... "aucune inquiétude à avoir".. La crèche m'a proposé de m'adresser au CAMS de ma ville.

J'ai eu cependant la chance d'avoir le contact de madame Laznik par une amie, qui m'a reçu et m'a recommandé de retirer mon fils rapidement de la crèche dans un premier temps. Augustin avait bien un trouble envahissant du développement. 

 Il a fallu à ce moment là se battre avec la crèche qui n'avait pas du tout la même vision des choses et me conseillait de le laisser afin qu'il se "sociabilise". Qui croire? En retirant mon fils de la crèche, en quelques jours je l'ai vu se transformer... Il avait retrouvé le sourire et me regardait davantage. Le choix a donc été radical. Heureusement j'étais en congés maternité de mon deuxième fils à ce moment là et j'ai pu le garder à la maison.

Madame Laznik m'a ensuite donné l'adresse du docteur Favrot, pédopsychiatre à Paris et d'une sensori-motricienne. Le rôle de cette dernière était d'aider Augustin à retrouver un équilibre sensoriel.

En effet depuis sa naissance, il était d'une hypersensibilité déconcertante:

-au niveau du toucher: refus de toucher les aliments, l'herbe, le sable... refus qu'on le déshabille dés le premier jour à la maternité.

-de l'ouïe: extrêmement sensible aux bruits de la douche, des portes qui claquent, des ambulances au point d'en finir parfois en spasmes du sanglot.

-de la vue: il voyait le moindre avion, le moindre détail au détriment de sa maman en face de lui.

-du goût: alimentation très complexe et refus total de macher les morceaux

-de l'odorat: les odeurs de nourritures essentiellement la viande et le poisson le faisait pleurer avant même de les avoir vu ou gouter.

Le suivi intense a commencé pour Augustin à ses 18 mois . En quelques semaines, je voyais déjà des progrès incroyables. Le pédopsychiatre avait une méthode bien différente de ce que j'aurais imaginé: au lieu de pousser mon fils à jouer ou se comporter comme les autres enfants, elle le  suivait et le rejoignait pour qu'il la rejoigne à son tour. En effet j'avais tendance naturellement à retirer toutes les balles et toutes les assiettes qu'il aimant tant lancer ou faire tourner. La pédopsychiatre, elle le rejoignait dans son obsession, afin de rentrer en contact avec lui. 

Puis elle m'a fortement recommandé de mettre en place la méthode des 3i. Celle-ci consiste à faire venir jouer des bénévoles à tour de rôle toutes les heures dans une salle de jeux. Le jeu individuel, intensif et interactif basé sur l'imitation permet progressivement à l'enfant de rentrer en relation avec l'autre.

Aujourd'hui Augustin a 5 ans et n'a plus de séquelles grâce à cette prise en charge pluridisciplinaire cumulée à la méthode des 3i. Il continue de voir son pédopsychiatre pour consolider son psychisme. 

La rentrée à l'école a été très progressive (la première année : deux heures puis la suivante: une matinée complète tout en gardant ses bénévoles l'après-midi) et aujourd'hui il peut aller à l'école à temps plein. Sa maitresse n'a jamais remarqué qu'Augustin avait ou avait eu un trouble à un moment donné...

Revenons maintenant quelques années en arrière: En emmenant Augustin (18 mois) à son premier rendez-vous chez madame Laznik, nous sommes venus accompagnés de son petit frère Antoine (6 mois). Madame Laznik m'a tout de suite fait part de son inquiétude  sur le développement de notre bébé. Il avait été diagnostiqué "hypotonique" par son pédiatre quelques semaines auparavant. L'hypotonie pourrait en effet entrainer  des troubles relationnels chez les bébés. Au vu du terrain familial, il était nécessaire de ne pas le laisser s'enfermer... Nous avons donc commencé une thérapie bébé-parents pour Antoine dés ses 9 mois.

En quelques séances, Antoine était clairement dans la relation, madame Laznik a ramené mon fils à moi. Elle savait lui parler d'une telle manière  et lui faire comprendre à quel point il était  un cadeau pour maman. Au cours des séances, il s'est mis à mettre ses doigts dans ma bouche, à se retourner même pour me retrouver, attraper mes lunettes. Je n'avais jamais connu cela avec mon fils ainé. Puis madame Laznik me faisait remarquer que les les babillages n'étaient pas encore présents et qu'il fallait l'aider. C'est lors d'une séance avec elle que ce babillement tant attendu est sorti. Puis on ne pouvait plus l'arrêter "Bababa": j'ai alors compris l'efficacité de cette séance et cela m'a persuadé que mon fils ne rentrerait pas dans la même sphère que son frère. Nous avons attendu qu'Antoine se mette à 4 pattes et que l'hypotonie s'estompe pour réduire et arrêter ensuite les séances.

Antoine a aujourd'hui 4 ans et est plus que relationnel.

J'aurais tant voulu me rendre compte plus tôt des troubles de son grand frère, pour qu'il suive les mêmes thérapies mère enfant. Il a pourtant été pris en charge tôt, dés ses 18 mois mais les séquelles sont plus longues à disparaitre.

J'ai aujourd'hui un troisième enfant. J'ai été voir madame Laznik dés ses 1 mois et en quelques minutes elle s'est bien rendu compte qu'elle était relationnel et que le développement moteur serait "normal".

Je découvre aujourd'hui ce que c'est qu'un développement moteur et relationnel "typique". Je réalise mieux à quel point mon fils ainé n'était pas dans la relation et à quel point mon second fils était en danger à cause de son hyppotonie si marquée.

Je ne remercierai jamais assez les équipes qui ont pris en charge mes deux garçons, sortis de leur bulle!

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